Climatovigne

Caractéristiques climatiques des terroirs viticoles

Responsable du projet : Dr. Stéphane Burgos

Partenaires : Agroscope, Canton de Genève (Service de la viticulture, Laboratoire cantonal et Service de la géomatique), HEIG-VD (G2C) et  EPFL (LPMC)

Financement : HES-SO, Canton de Genève (Service de la viticulture), HES-SO Valais (ITV)

2007 - 2010

Résumé

De nombreuses études de terroir ayant trait au sol et à la géologie ont été réalisées durant la dernière décennie. Elles visaient à caractériser les parcelles viticoles pour guider le producteur dans le choix des cépages, des porte-greffes et des itinéraires culturaux. Peu d’études détaillées se sont intéressées au climat, encore moins au pédoclimat. Il est pourtant largement admis qu’il est l’un des facteurs principaux qui caractérisent le potentiel viticole d'une parcelle. La connaissance de ce potentiel est capitale dans le contexte viticole économique actuel, où la qualité des vins joue un rôle prépondérant.

La caractérisation des conditions climatiques à moyenne échelle est difficile mais la différenciation d’une région ou une appellation au niveau méso-climatique est très importante pour pouvoir optimiser la valorisation du potentiel terroir au niveau du choix du couple porte-greffe/cépage. L’objectif principal du projet a été de caractériser le mésoclimat du vignoble genevois en observant un grand nombre de parcelles viticoles réparties dans différentes zones situées sur l’ensemble du Canton de Genève. L’étude a porté sur l’observation du comportement de 49 parcelles de Gamaret et 15 de Gamay sur 3 millésimes (2007 à 2009).

Les diverses mesures phénologiques apportent un bon éclairage sur la dynamique de développement de chaque parcelle et sur la précocité de la région où les parcelles se situent. Des analyses en composantes principales (ACP) ont permis de mettre en évidence les critères de différenciation influençant le potentiel de précocité de chaque parcelle. Ceux-ci sont : la date de débourrement, la durée entre le débourrement et la floraison et celle entre la floraison et la véraison. Les parcelles ont ensuite été regroupées en zone puis différenciées selon les paramètres (pente, exposition, etc.). Ceci permet la caractérisation du mésoclimat des différentes régions et de comparer le potentiel viticole de chaque zone.

Au total, plus de 210 échantillons ont été vendangés. Voici quelques-uns des principaux résultats concernant les vendanges :

  • La maturité des raisins a été influencée par la date de débourrement et la charge en raisin. Une charge supérieure à 1,2 kg/m2 empêche une maturité suffisante.
  • Les parcelles présentant un débourrement précoce ont obtenu les teneurs en sucre les plus élevées même si elles possédaient une exposition ou une pente non-optimales. En revanche, un débourrement plus tardif ne peut être qu’en partie compensé par une très bonne orientation ou par un prolongement de la période de maturité.
  • Les analyses isotopiques 13C/12C ont montré que les vignes plantées sur des sols présentant une réserve utile inférieure à 100 mm ont souffert d’un stress hydrique modéré en 2009. Des mesures de températures de l’air et du sol ont aussi été effectuées. L’analyse des données des 9 stations météorologiques (température de l’air) a permis de mettre en évidence les caractéristiques des 3 millésimes observés et d’avoir une bonne idée des variations existant entre les différentes zones au niveau du mésoclimat. Elles ont permis de mettre en évidence des paramètres importants comme la durée des périodes sans pluie. Cela donne une bonne indication sur la quantité d’eau que doivent contenir les sols pour éviter à la vigne de subir des stress hydriques trop sévères. De plus, l’analyse des données montre des variations d’amplitude thermique malgré une proximité géographique des stations.
  • Les mesures de température du sol ont permis de mettre en évidence un effet certain de la température du sol à 20 cm dans le développement de la vigne en début de saison et jusqu’à la floraison. Les sols se réchauffant rapidement (présentant des textures sableuses ou caillouteuses), même mal exposés, ont favorisé un développement précoce.

Toutes ces informations ont permis de caractériser les différentes zones du canton et d’établir les facteurs principaux, y compris les paramètres climatiques, influençant le développement de la vigne. Les rapports de l’étude sont disponibles sous : etat.geneve.ch/dt/agriculture

 

Publications

BURGOS S., ALMENDROS S. et FORTIER E. 2010. Facteurs environnementaux et phénologie de la vigne dans le canton de Genève. Revue suisse de Viticulture, Arboriculture et Horticulture 42 (5): 288-295

BURGOS S., ALMENDROS S. and FORTIER E. 2010. Impact of pedoclimatical conditions on the precocity potential of vineyards in the canton of Geneva (Switzerland). Proceedings of the 8th International Terroir Congress, Soave, Italie. 1: 20-25

FORTIER E., SHANI T. et BURGOS S. 2010. Enherbement du vignoble genevois: bilan et perspectives. Revue Suisse de Viticulture, Arboriculture et Horticulture 42 (2): 96-103

BURGOS S., DAKHEL N. et ALMENDROS, S. 2008. Influence des dépôts tertiaires et quaternaires sur le potentiel viticole des terroirs du canton de Genève, Suisse. VII congrès international sur les terroirs, Changins, Suisse.

BURGOS S., DAKHEL N., DOCOURT M. et SCHWARZ J-J. 2008. Carte des sols viticoles genevois : vers une utilisation pratique. Revue suisse de Viticulture, Arboriculture et Horticulture 40(4) : 215 – 221